J’écris des choses sur les open-spaces, l’alcool, les hipsters, et la start-up nation. Contact : himboda(at)gmail.com
Image for post
Image for post
© jbpellerin

Assis en tailleur sur le tapis du salon (arborant des motifs typiques du Pendjab), je sirote un gin-tonic et réfléchis. Mon cocktail préféré, inventé par les Anglais du Raj Britannique pour échapper au climat étouffant, et au paludisme. L’eau tonique contient en effet de la quinine (molécule voisine de la chloroquine), et servait initialement de médicament. On y a ajouté du gin pour rendre tolérable l’amertume du breuvage. Ce cocktail se prête donc assez bien aux périodes de pandémie. Détail amusant: si vous passez votre verre à la lumière noire, la quinine présente dans le Schweppes le rendra bleu fluorescent.


Image for post
Image for post
Crédit : Martin BUREAU / AFP

La première question que j’ai posée à mes parents, à l’âge de 5 ans, c’est “Quand est-ce que je vais mourir ?”… Ah, ça a surpris tout le monde… On était en plein mois d’août, le mois royal, ça allait être mon anniversaire, chaleur écrasante, petites lunettes de soleil et écran total sur le nez, et voilà que je me posais des questions… A cet âge, je croyais déjà plus en rien, ni au Père Noël, ni à quoi que ce soit d’autre, j’avais un quinquennat dans les dents et il fallait que je sache la date de mon pot…


Image for post
Image for post

Souvenirs d’un voyage à Amsterdam avec Daniel et Zacharie à dix-huit ans… 72 heures passées enfermés dans une chambre d’hôtel à déguster des champignons hallucinogènes… Des “colombiens”… Les psilocybes sont des produits dits enthéogènes, qui “génèrent Dieu à l’intérieur”, tout comme les autres psychédéliques : LSD, peyotl, mescaline, ayahuasca, cannabis à haute dose, etc. On les appelle ainsi car ils procurent sentiments de plénitude, unité, communion, et incitent aux prises de consciences spirituelles. Ce sont les vraies drogues, les invitations au voyage, qui ne se contentent pas d’un abrutissement des sens ou d’une euphorie sans but. …


Image for post
Image for post
Melancholia — Dürer

Être heureux. Construire son bonheur. Profiter. Croquer la vie à pleine dents. L’injonction quotidienne, le but par défaut fixé par le western lifestyle. Pourquoi pas. Je veux bien, moi, la croquer la vie… Cela dit, lorsqu’à deux heure du matin je m’appuie à ma fenêtre et que je lève les yeux au ciel pour contempler le silence éternel de ces grands espaces infinis, je sens monter à mes naseaux comme un délicat fumet d’entourloupe philosophique de premier ordre.

Je finis toujours par me demander pourquoi les Français gobent du Xanax comme des Smarties et arborent un teint grisâtre. Pourquoi nous…


Image for post
Image for post
Thomas Cole — The Course of Empire

Je dois vous confesser quelque chose : je me moque du climat. Je me moque de l’islamisme. Je me moque des GAFA. Je me moque de l’effondrement économique, du voile, du Grand Remplacement, de la disparition des abeilles, de toutes ces fins du monde pré-mâchées servies partout à longueur de journées. Je n’arrive tout simplement pas à m’y intéresser.

Tout ce déclinisme absurde ponctué de hurlements de terreur, si typique des âges d’angoisse, me laisse de marbre, car il me fait l’impression de provenir de comédiens, d’enfants gâtés qui piquent une crise parce que c’est l’heure d’aller à l’école, de…


Image for post
Image for post

Oublier son ex, c’est comme profaner une église. Pendant un temps on lui construit un petit autel, une petite chapelle bien douillette toute ornée de bougies pour lui vouer un gentil culte, quelque part au fond de sa tête… un lieu figé dans le temps, un mausolée vitrifié momifié, formolisé, pour éviter de se dire qu’on est amoureux d’un fantôme… A chaque fois qu’on y passe, qu’on s’y perd, on sait pertinemment que l’on est en train de nier le présent qui avance toujours trop vite.

Et puis un jour, on y retourne, et tout est en ruines. Les icônes…


Image for post
Image for post

Je ne me suis jamais vraiment senti chez moi dans ce pays. Toujours eu l’impression d’être un extra-terrestre, petit blond parachuté au milieu des latins, introverti distant à la voix calme catapulté chez les Méditerranéens qui parlent avec les mains et crient à intervalles réguliers sans réels justificatifs.

Par conséquent, j’ai un peu de mal avec les bruns, qui composent pourtant l’écrasante majorité de mes compatriotes. En fait, je crois bien que je les hais. On va encore me dire que j’exagère, que je paye très cher un thérapeute pour apprendre à me retenir de dire des choses comme ça…


Image for post
Image for post

Nous sommes samedi soir et je réfléchis, cocktail à la main. Dans une soirée appart où en échange de la dégradation complète de mon foie, je pourrai élargir mon cercle social en discutant avec une vingtaine de potes de potes. Un ersatz de rallye pour middle-class dans une ville hostile, surpeuplée, et peu propice aux rencontres.

Flânant sans but au milieu du salon, soudain me vient une vision dans le gin-tonic : le décor est décadentiste, dépressif, fin de siècle … Cette pièce enfumée peuplée d’êtres pâles et maigrichons, consommant des produits forts pour oublier leurs lamentations intérieures, nostalgiques d’un…


Image for post
Image for post

Soirée appart’ à Belleville, ça socialise gentiment en descendant du rosé sur le balcon, dans la chaleur d’un soleil pré-caniculaire. Vers 21 heures, alors que nous choisissons quel restaurant nous livrera le dîner, on entend une succession de pétards, dont je reconnais immédiatement le son creux à l’écho si spécifique : AK-47.

Des hurlements retentissent, “appelez la police !”… de là où nous sommes, impossible de voir quoique ce soit. Nous descendons jeter un oeil. Dans la rue des gens sont attroupés autour d’un Noir allongé sur le sol, yeux révulsés, corps criblé de balles, dans une mare de sang…


Image for post
Image for post

En 1914, nous étions encore des sauvages comme les autres. Nous envoyions crever des gosses de 16 ans fanatisés après leur avoir bourré la gueule à la gnôle, comme de bons petits enfants-soldats Angolais. Lors d’une victoire, nous entamions la danse sacrée autour du drapeau Français, ou bien nous chantions la Marseillaise assis au pied de l’arbre à palabres, au son des djembés. Nous étions des Pygmées, des Papous, des Tartares, des Arumbayas, des cannibales avec des os dans le nez, nous pensions en tribu, et nous crevions d’envie de mettre la hagra à la tribu d’à coté, pour prendre…

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store